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    Too big to fail

    Les banques bénéficient d’une garantie de l’état pour leurs activités de marché car si elles s’écroulent c’est toute l’économie dite réelle qui s’écroule.
    Les profits, les bénéfices sont privatisés, les pertes sont socialisées. Si je gagne c’est pour moi,
    si je perd c’est pour toi. C’est ce qu’on appelle l’aléa moral.*

    T.Philipponat – Finance Watch

    Six acteurs se lancent dans une joute sans merci

    Six clowns sur le plateau. L’un d’eux fait apparaître 2 euros. Le ton est donné; chacun bien sûr veut se l’accaparer, le jeu commence: tractations, échanges, influences vont se mettre en place. Ils vont user de tous les « effets de levier » pour que ces 2 euros très vite s’échangent en milliers puis en millions et en dizaine de milliards – c’est la folie des grandeurs, la fièvre s’empare du groupe en même temps que le goût du pouvoir – cigares, champagne, tous les coups sont permis pour accroître les profits: élimination du plus faible, arrangements avec le plus fort, retournements de veste … jusqu’à ce que la sauvagerie prenne le dessus et qu’ils s’entre-dévorent. Que reste t-il? Sur quoi jeter leur dévolu? Le public! Pourquoi pas? …

    Notre objectif n’est pas d’ajouter une critique du Système à celles qui existent déjà. Nos clowns nous proposent d’entrer dans leur monde, et de nous rendre sensible et charnelle cette violence que nous ne recevons toujours qu’indirectement. Ce fut le cas lors de la dernière crise financière – à quand la prochaine?

    Nos clowns n’ont pas grand chose à perdre, ce sont des clochards-traders qui possèdent tout en une seconde et plus rien en un instant. Ils nous donnent l’occasion de rire du pouvoir absolu et de la pire misère avec leur arrogance et leurs provocations.

    La voracité est une vertu

    Violence et cannibalisme comme base de travail 

     » What I really want do, I want reach in, ripp out their heart and eat it before they die »   Ce que je veux vraiment c’est leur arracher le cœur et le manger avant qu’ils meurent.

    Quand on voit dans une vidéo interne Dick Fuld, directeur à l’époque de la banque d’investissement Lheman Brothers, parler ainsi des traders qui lui font perdre de l’argent, on pense à un comportement animal: Une sorte de cannibalisme symbolique.
    C’est cette énergie qui meut nos clowns: le plaisir de dévorer l’autre sans mesure.

     La race de l’homme de fer

    « Puissé-je n’avoir à vivre parmi les hommes de la cinquième race et être mort avant ou né après ! car la race d’à présent est une race de fer. Le jour n’apportera pas de répit à leurs pénibles souffrances, ni la nuit aux soucis amers et dévorants que leur enverront les dieux. A leurs maux, toutefois, quelques biens seront mêlés. Zeus détruira aussi cette race d’hommes périssables, le jour où ils naîtront avec les tempes blanches. Le père, alors, ne ressemblera plus aux enfants, ni les enfants au père : l’hôte ne sera plus cher à l’hôte, ni le compagnon à son compagnon, ni le frère à son frère, comme au temps passé(…) Aux vieillars qui leur ont donné la vie, ils refuseront la nourriture. On ne respectera plus la parole donnée, ni la justice, ni le bien. Au contraire, on honorera celui qui fait le mal, l’homme devenu démesure. La force tiendra lieu de droit. Le sentiment de l’honneur disparaitra. Par ses discours tortueux et par ses faux serments, le méchant nuira à l’homme de bien. L’envie au regard haineux, qui sème le trouble et se réjouit du malheur d’autrui, harcèlera es malheureux mortels (…)

    Conscience et équité abandonneront es hommes et s’en iront rejoindre les immortels. Aux mortels resteront les chagrins amers et contre le mal ne sera nul remède »

    Hésiode, Les travaux et les jours

     

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  • Calendrier Création

     

    14 mars 2017 – Festival « Spring » – Théâtre des miroirs, la Glacerie

     

    17 mars 2017 – Festival « Spring »Le Préau, cdr Vire

     

    28>29 mars 2017 – Festival « Spring »,pôle national des arts du cirque de normandieCirque théâtre d’Elbeuf

     

    31 mars>2 avril 2017 – Le Samovar

     

    5>6 avril 2017 – Le Prato

     

    18>28 avril 2017 – Théâtre de la cité internationale

     

     

    Répétitions/Écriture – À venir…

    31 janvier>12 février 17 → Espace périphérique, Paris

    13>24 février 17 → Cirque-Théâtre d’Elbeuf, pôle national des arts du cirque de normandie

    27 février>13 mars 17 → Théâtre des miroirs, la glacerie, Cherbourg

     

    Résidences d’écriture

    22>26 Août 16 →  Le Samovar, Bagnolet

    11>31 juillet 16 →  Studio théâtre de Vitry s/seine

    20>24 juin 16 →  Nouveau théâtre de Montreuil

     20>26 avril 2015 → Maison des métallos

    20>26 mars 2015 / 7>12 décembre 2015 → Samovar

    24>28 février 2014 / 7>11 avril 2014 / 14>19 avril 2014 → Th.Gérard Philipe / Cdn  Saint-Denis

     

  • (…)

    Jeux de massacre

    Jean-Pierre Han – lundi 17 avril 2017

    Funny birds par Lucie Valon. Théâtre de la Cité Internationale.

    On l’avait déjà perçu dans sa quête du Paradis (Paradis-impressions), le troisième volet de son triptyque commencé en fanfare avec Dans le rouge (l’Enfer) et poursuivi avec Blank (le Purgatoire), Lucie Valon, en clownesse virtuose ne manquait pas de dire le monde et son incohérence, s’autorisant du fait que clowns et bouffons peuvent toujours dire quelques vérités avec une certaine impunité. Avec Funny birds, elle récidive, mieux elle enfonce le clou tout en battant les cartes qu’elle a en main. S’extrayant pour la première fois des lumières de la scène elle œuvre dans l’ombre en tant que metteur en scène, lance son complice Christophe Giordano qui l’accompagne depuis les débuts des aventures de la compagnie qu’ils ont créée ensemble, La Rive ultérieure, sur le plateau (c’est également une première) et, toujours généreuse, lui adjoint cinq compagnons ! Ils sont donc six dans l’arène car il s’agit bien d’une arène, ce que semble bien suggérer la figure géométrique dessinée à même le sol (scénographie et costumes sont signés Pia de Compiègne). Trois hommes et trois femmes dans une parfaire parité. Six clowns donc – une foule par ces temps de misère – pour s’attaquer à la question des subprimes et autres plaisanteries du genre concernant la crise que nous vivons, six funny birds, de drôles d’oiseaux pour le dire un peu plus clairement, pas très recommandables ; comment pourraient-ils l’être dans le monde d’aujourd’hui dont le seul credo est le fric acquis par tous les moyens. Le spectacle qu’ils vont nous donner de leur rapacité est exemplaire. Le tout à partir du simple vol d’une pièce de 2 euros piqué dans la poche d’un cadavre tombé du ciel ou jeté d’on ne sait où… Le début de la fable est saisissant. Drôle d’oiseaux donc qui vont trouver toutes les combinaisons plus ou moins louches (mais parfaitement légales, n’est-ce pas ?) pour faire fructifier la petite pièce. Drôles d’oiseaux, des vautours, qui nous font irrésistiblement penser au titre du recueil de dessins de Chaval, Les Oiseaux sont des cons, ou de la connerie (entendez par là la saloperie) considérée comme un des beaux-arts. La démonstration orchestrée par Lucie Valon, interprétée avec un brio des plus réjouissants, chacun dans son registre mais dans un ensemble choral des plus singuliers, par Charlotte Andrès, Stéphanie Farison, Alban Gérôme, Christophe Giordano, Mathieu Poulet et Charlotte Saliou, réalisée à partir d’une série d’improvisations élaborées depuis des mois et des mois, fait mouche jusqu’à la scène finale de pur cannibalisme. Un beau et sanglant symbole peu ragoutant. Les six clowns s’ingénient, de séquence en séquence, à casser en petits morceaux la belle boîte financière comme des enfants peuvent démonter et casser des jouets qui leur résistent. C’est brillantissime et l’on songe à Dario Fo et à la rage dévastatrice de ses personnages de Faut pas payer ou de Mort accidentelle d’un anarchiste… La maîtrise scénique de Lucie Valon s’applique à tous les échelons de la réalisation (belle chorégraphie d’Isabelle Catalan). On aurait presque envie de parler de direction d’acteurs, même si chaque interprète évolue « à sa manière » et dans une grande liberté. Bien sûr ces funny birds ne sont pas les premiers à tenter d’évoquer et de démonter les mécanismes qui régissent le monde de la finance sur les planches du théâtre. Même l’économiste Frédéric Lordon s’y est attaqué. Et ne parlons même pas de la Saga des Lehman Brothers (Chapitres de la chute), de Stefano Massini, mais c’est bien la première fois que le sujet est abordé (mastiqué) de cette manière-là pour en faire une sorte de bouffonnerie ubuesque avec ses clowns des temps modernes, plus tout à fait clowns traditionnels, mais portant déjà le masque blafard de la mort. La nôtre, celle de notre monde, hélas.

     

    THÉÂTRE ACTU – Pierre-Alexandre Culo – 

    http://theatreactu.com/funny-birds-lucie-valon-rive-ulterieure-theatre-de-cite-internationale/

     

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